Voulez-vous savoir comment Google se prépare à transformer votre vie?

Visitez la salle de conférence Ouagadougou un mardi matin. C’est là, dans les quartiers généraux de la firme Internet la plus puissante au monde, située à Mountain View en Californie, et plus spécifiquement dans cette salle remplie de trois douzaines d’ingénieurs, de gestionnaires de produits et de cadres supérieurs, que se décide comment leur moteur de recherche deviendra encore plus intelligent. Cette année, Google introduira environ 550 améliorations à son fameux algorithme, et chacune d’entre elles sera déterminée lors d’une telle réunion. Les décisions prises pendant cette rencontre hebdomadaire dédiée à la recherche de la qualité finiront par influencer les résultats obtenus lorsque vous utilisez le moteur de recherche Google; quel que soit l’objet de votre recherche, qu’il s’agisse de l’imprimante ‘Samsung SF-755 P’, de la mise en page du site d’Ed Hardy dans MySpace, ou peut-être même quelle est la capitale du Burkina Faso, qui par hasard, porte le même nom que cette salle de conférence. Udi Manber, le directeur de la recherche pour Google depuis 2006, anime la rencontre. Une par une, les modifications potentielles sont proposées, avec les résultats de tests administrés dans plusieurs pays aux langages multiples. Un écran présente côte à côte les résultats d’exemple de requêtes avant et après l’innovation. À la suite d’un de ces exemples – une recherche sur le ‘Centre de guitare wah-wah’ – Manber s’écrie : « C’est moi qui ai fait cette recherche! »

Vous pourriez penser qu’après une bonne décennie de domination sur le marché des moteurs de recherche, Google s’apprête à prendre une pause. Après tout, elle détient un impressionnant 65% des parts du marché et elle est la seule compagnie dont le nom est synonyme de rechercher. Mais tout comme Google n’est pas prêt à s’asseoir sur ses lauriers, ses compétiteurs ne s’apprêtent pas non plus à concéder leur défaite. Pendant des années, ce monolithe de Silicon Valley a utilisé son algorithme mystérieux et apparemment omniscient pour ‘organiser l’information du monde’, comme le décrit son énoncé de mission. Mais depuis cinq ans, une multitude de compagnies veulent remettre en question cette assomption centrale de Google : qu’un seul moteur de recherche, par des prodiges technologiques et des raffinements constants, puisse satisfaire toutes les demandes possibles. Facebook a déclenché un des premiers assauts en proposant que certaines personnes préfèrent obtenir de l’information de leurs amis plutôt que d’une formule anonyme. L’habilité de Twitter à analyser un flot constant de mises à jour a pour sa part introduit le concept de recherche en temps réel; c’est-à-dire écouter la dernière conversation au moment même où elle se déroule. Yelp, quant à lui, aide les gens à se trouver des restaurants, des nettoyeurs et des gardiennes d’enfants en se servant de la foule d’utilisateurs pour ordonner ses classements. Aucun de ces derniers venus ne représente en lui-même une menace redoutable. Mais ensemble, ils tendent à prédire un avenir plus ouvert et plus anarchique pour la recherche en ligne. Un avenir qui n’est plus dominé par un moteur de recherche, mais qui incorpore un ensemble de services à la carte.

Toutefois, la menace la plus dangereuse pour Google se situe à 850 milles au nord: Bing. Avec un nom qui évoque la découverte, le prénom d’un chanteur connu, ou le cabaret de danseuses de Tony Soprano, le moteur de recherche de Microsoft, retravaillé, rebaptisé et lancé en juin l’année passée, a reçu d’étonnants éloges: Le The Wall Street Journal l’a considéré ‘plus invitant que Google’. La nouvelle présentation, agrémentée d’une campagne publicitaire de 100 millions de dollars, a fait grimper la part de Microsoft sur le marché états-unien des moteurs de recherche de 8% à environ 11%. Ce chiffre doublera, et même plus, lorsque les organismes de réglementation auront approuvé une entente qui fera de Bing le fournisseur de recherche pour Yahoo.

L’équipe de Bing se concentre sur des cas isolés où les algorithmes de Google n’apportent pas toujours les résultats escomptés. Par exemple, même si Google se débrouille bien pour ses recherches publiques sur la Toile, elle n’a aucun accès en temps réel à l’univers complexe et en flux constant des horaires et des tarifs de vols aériens. Microsoft a donc acheté Farecast – un site Web qui accumule les données de prix sur une période de temps et utilise ces informations pour prédire quand le prix des billets augmentera ou baissera. Bing absorbe ensuite ces résultats. Microsoft a fait des acquisitions semblables dans le secteur de la santé, des références et du magasinage, là où il considérait que l’algorithme de Google s’avérait insuffisant.

Même les Bingers admettent que, lorsqu’il s’agit de simplement prendre un terme pour lancer une recherche et ensuite obtenir des résultats pertinents, Google détient encore plusieurs longueurs d’avance. Mais ils pensent aussi que s’ils peuvent exceller dans certains secteurs, les gens s’habitueront à utiliser des moteurs différents selon leurs types de recherche. « L’algorithme est extrêmement important dans la recherche, mais ce n’est pas le seul facteur. », dit Brian MacDonald, le vice-président du noyau de recherche pour Microsoft. « Vous achetez une auto pour plusieurs raisons. Pas seulement en fonction des performances du moteur. »

La réponse de Google peut se résumer à quatre mots: mike siwek lawyer mi.

Amit Singhal tape ces mots qui ne font en apparence aucun sens sur son moteur de recherche. Cet homme doux d’une quarantaine d’années est un Google Fellow, un titre honorifique qui lui a été accordé il y a quatre ans pour récompenser son remaniement du moteur de recherche en 2001. Il appuie sur la clé ‘Entrée’. En un laps de temps équivalent à quelques battements d’ailes d’un oiseau-mouche, une page de liens apparaît. Le résultat de tête réfère à un avocat nommé Michael Siwek, de Grand Rapids au Michigan. C’est une recherche plutôt banale – du genre que les serveurs de Google reçoivent par milliards chaque jour – mais ne vous y laissez pas tromper, elle est très compliquée. En tapant ces mêmes mots sur Bing, par exemple, le premier résultat obtenu portera sur un repêchage de la Ligue Nationale de Football incluant le demi de sûreté Lawyer Milloy. Après plusieurs pages de résultats, vous n’obtiendrez toujours aucune référence directe à Siwek.

Cette comparaison démontre la puissance, et même l’intelligence de l’algorithme de Google, aiguisé par des ajustements répétés. Il possède cette habileté apparemment magique d’interpréter les requêtes des chercheurs, peu importe à quel point elles sont maladroites ou mal épelées. Google parle de cette habileté comme étant une qualité de recherche. Et durant plusieurs années, la compagnie a jalousement protégé le processus par lequel il rend des résultats si précis. Mais maintenant, je suis assis avec Singhal, dans l’édifice 43 de ce géant de la recherche, où l’équipe du noyau de recherche travaille. Car Google me donne cette opportunité sans précédent de voir comment elle arrive à cette qualité de recherche. On peut clairement lire entre les lignes: Vous pensez peut-être que l’algorithme n’est rien de plus qu’un moteur, mais attendez seulement de jeter un coup sous le capot pour voir ce que cet engin peut vraiment faire.

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